Mes reflexions durant ce mois de juin 2010.... (certains ont deja lu une partie sur un autre reseau social...)
Alors voyager tout seul c'est quoi...?
Au debut, on ne sait pas vraiment a quoi s’attendre, on n’y pense pas la moindre seconde. On prepare une aventure menée par une pulsion qui vient du fond des tripes, une limite a depasser pour se surpasser…prouver a soi-meme que l’on existe et que l’on est imortelle. Parce qu’on ne meurt pas de solitude a 25 ans ! On en parle autour de soi, au debut timidement puis ensuite avec fierté en repondant à la question “toute seule tu n’as pas peur ?” : “non…” masquant l’envie de dire “oui, mais qu’est-ce j’aime ça, avoir peur”. Une adrenaline, ce truc qui vous tient debout toute la journée, qui vous leve le matin et vous couche le soir. La bombe A que je l’appelerai, la bombe a retardement d’un an.
Le jour du grand saut on se sent tout petit alors que l’on s’est senti tellement grandir a cette preparation… Un passage de l’elephant ecrasant tout obstacle, regardant droit devant sans s’arreter, à l’état de petite souris ce jour J qui scrute et detecte tout autour d’elle le moindre mouvement aeroportuaire, attendant de chevaucher ce grand volatile d’acier…Ou le passage de l'etat solide a l'etat liquide...le defis etait donc lance, c’est moi-meme qui l’ai provoqué mais ce n’est qu’a cet instant que je m’apercoit de son ampleur… Qu’ai-je donc fait ? Partir un an, seule ? en serai-je capable ? Je ne sais meme pas parler anglais….et mon chat va me manquer. Autant de pretextes à trouver ou à s’inventer pour faire dix pas en arriere. Mais les dés étaient pourtant jetés, la lourde porte se referma et je bouclais ma ceinture.
A la premiere destination, on est heureux de mettre un visage sur un nom, un contact qui mettait en confiance avant de partir “tu es la bienvenue, je viens te chercher…” heureux de se faire connaitre aussi, de me presenter, qui je suis rellement, les points essentiels sans passer des heures dessus… Ca a l’air simple comme ca soit dit en passant mais l’exercice n’est pas de toute aisance quand on est en face d’un peuple, d’une culture que tout oppose. Qui je suis chez moi, qui je suis chez toi ? La meme ? non surement pas, je relativise et ma vision s’éclaircit, sans temoin, sans juge ou seulement mon libre arbitre…c’est le debut d’une nouvelle vision, anamorphosée, irreversible.
Apres cette phase qui peut durer un certain temps, peut-etre quelques jours ou quelques semaines, le temps d’affuter cette vision et d’aiguiser son sourire, un sentiment de liberté vous ecarte les côtes et vous donne un souffle jamais ressenti auparavant qui peut vous pousser vous et votre sac de 15 kilos jusqu’au bout des oceans ! Je pouvais alors prendre n’importe quel bus, n’importe quel bateau, n’importe quelle initiative, parler avec mon corps, mes mains, mes yeux et mon sourire, je pouvais aller seule reellement. Et des découvertes fantastiques en ont suivi, des peuples, des tribus qui vous tendent les bras a vous et a vous seule car vous apportez, incarnez un air nouveau, inconnu et presque inattendu car au fond de soi on l’attend tous ce moment là. L’echange est reciproque, quelque chose de profond, un sentiment de jouissance dont je n’arrive pas à donner de nom mais qui vous fait pousser des ailes et vous envoie dans des cieux que meme un coït n’atteindrait pas.
A cet instant vous etes tout puissant et en meme temps si vulnerable car au moindre au choc les larmes coulent a flot. Pas des larmes de tristesse, des larmes de tendresse, de comprehension, d’empathie. Plus on ouvre les yeux plus on les vide d’une vision terne, morose et certe individualiste que l’on pouvait avoir auparavant. Des larmes de bonheur également, celles la viennent par exemple lorsque vous etes tout seul en haut d’une montagne a contempler a perte de vue cette terre ocre contrastée par la verdure des baobabs et des manguiers. J’ai pensé a cet instant que si un genie venait me demander ces 3 voeux, je lui dirai d’aller voir ailleurs si j’y suis et lui demanderai surtout pourquoi il est venu me trouver jusqu’ici ??! J’eu le sentiment et le privilege d’etre la seule au monde sur cette terre, je contemplais d’un plaisir egoiste ce que la nature pouvait faire de plus beau.
Le sentiment d'etre tout seul sur la terre n'est pas a envier parfois lorsqu'on est terrassée par la maladie, le mal jusqu'au plus profond des os dans un pays de l'ampleur d'un continent, l'Inde. La peur de la souffrance et de la mort. L'hopital et cette odeur de mort justement que l'on peut sentir a chaque coin de rue de cette ville de Bombay. Ville qui montre l'indifference a force d'accoutumance aux odeurs...Personne avec qui partager ça et apres recul j'en suis contente, je ne souhaite a personne de vivre et de partager. De nouvelles larmes, celle de détresse et de douleur physique.
Apres quelques temps encore, justement ce temps…il finit par s’estomper, disparaitre on ne sait plus depuis combien de temps on est parti, quel jour on est. Juste la date du depart qui me remet les pieds sur terre et m’en retire les mains. Le passage d’un pays, d’un continent à un autre est destabilisant. Nouvelles monnaies, nouvelles langues, nouvelles tetes et on doit de nouveau se faire connaitre. La tristesse et la melancolie peut peut surgir sans crier gare lorsque vous n’etes plus reconnu dans la rue, il faut de nouveau se reconfronter a soi-meme et n’étant plus bien sûre de qui l’on est maintenant, tellement ce que l’on a vecu avant nous change et nous enrichit peut-etre un peu trop vite. Je suis passée d'un stade d'invitee d’honneur au simple rang de “phalang” porteuse de monnaie blanche que l’on convoite en dénis de la simple volonte de connaitre le prenom de son hôte…C’est instant est terrible et vous plonge dans des moments sombres de reflexions que l'on appelle la solitude. La vraie, celle qui ne vous lache pas et que vous ne voulez pas lacher. On s’en nourrit, on aime ça meme… Comme si ce mal nous apportait des reponses aux questions que l’on ne voulait pas se poser. J'aurai aime a cet instant d'une épaule, un soutien, un reconfort de tout et n'importe qui mais en m'inventant et rêvant cette personne je me suis fait reveillée un matin par un rayon de soleil qui me rendit finalement assez puissante pour faire mon sac et monter dans le premier bus direction nulle part. Au nord, a l'est, à l'ouest, au sud, finalement j'avais plus de choix que je ne voulais le voir...Allez Nord Ouest ! Et le sentiment du tout puissant (dieu c'est moi !) revint et la lumiere fut, dans mes yeux...(achat de nouvelles lunettes)
La route en solo ça fait pousser des ailes…entre autres car il m’est arrivé d’avoir en tant que femmes des poussées de testostérones quand il s’agissait de self défense. Une femme seule, cheveux clairs, yeux bleus dans les grandes mégalopoles, ça ne passe pas inaperçu et certains, n’ayant que l’image faussée des ondes hertziennes, s’imaginent et fantasment que la belle occidentale est là pour gouter aux produits exotiques et peuvent se montrer parfois très insistants voir plus si non affinités… Dites que vous êtes mariée en Inde ça vous évitera bien des discussions inutiles. Je passerai les détails mais ce genre d’expérience vous rend plus forte et certaine de ce que vous voulez et surtout ne voulez pas. Il y a au contraire dans les campagnes, les petits villages, une sorte de reconnaissance. On vous admire, on vous protège, on vous accompagne parfois un peu trop au point de ne jamais se retrouver seule lorsqu’on aimerait profiter des rencontres aléatoires du fait d’être en solitaire, j’ai eu le sentiment d’être étouffée a certains moments surement pour mon bien et ma sécurité mais essayez donc de remettre une laisse a un animal qui s’en est débarrassé depuis quelque mois…
C’est pourquoi je parlerai après d’adaptation, on se plie aux coutumes, on les respecte et on les accepte sans même parfois les comprendre. On apprend de nouveaux codes de vie, de nouvelles manières de s’asseoir, de manger, de saluer en risquant très souvent d’être la risée de vos hôtes en vous voyant vous essayer a leur coutumes… Ca vaut des parties de chinoiseries qui vous laissent des traces de bonheur indélébiles. On se laisse apprivoiser, on aime ça et on finit par se sentir plus proche des locaux que l’on fréquente que par le monde dans lequel on vient que l’on finit par fuir. Le retour dans le monde occidental, l’approche des touristes vous rend un peu sauvage, critique à la vue du comportement de certains sans gênes et sans respect guidés par l’effet de masse du groupe dans lequel ils évoluent.
“You travel alone ?” C’est aussi la question à laquelle je réponds aux nombreux étrangers que je rencontre. « No, I carry my friend; his name is Quechua, my best friend ». On rencontre de nombreux porteurs de sacs a dos, les backpackers et il y en a pour tous les gouts, des petites anglaises t-shirt short and short’s shorts aux roots travelers cherchant le cheap cheap, aux australiens body buildés en marcel « same same but different » dont les 2 patates chaudes qu’ils n’arrivent pas à avaler m’empêchent de comprendre le moindre mot… On passe du bons temps avec les touristes sur la route, a boire des bieres, a se raconter d’où l’on vient…. « How long time you’ve been here ? » « Oh it’s amaaaaaaaazing ! » « it’s so beauuuuutiful !». On se souvient de la tête de certains, parfois on les recroise à l’autre bout du pays ou bien dans un autre, sans rendez vous, on oublie tous les noms, d’ailleurs bien souvent on ne les demande pas ou seulement au moment de se dire au revoir. Parfois content de rencontrer des français sur la route qui plus est des voisins de son village natal, ça détend le word shake du cerveau. En Asie j’arrivais à répondre en chinois a des thaïlandais, a demander en cambodgien aux lao, à répondre en anglais aux français… et a me parler toute seule en anglais…so crazy.
Etre confrontée a des choix quand on est seule c’est développer ses sens, écouter son instinct, cette petite voix qui vous parle la première fois et qu’on se doit d’écouter quoique les autres puissent vous dire… la première idée est toujours la meilleure, ça se vérifie a chaque fois que l’on a choisi la mauvaise direction lorsqu’on se dit après « je le savais… ». Le « si j’avais su » est faux, au fond de nous-mêmes nous le savions mais nous ne nous écoutons plus penser… J’ai souvent levé les yeux au ciel, regardé la lune et les étoiles pour réfléchir, chacun sa manière de s’écouter penser, il y en a c’est en faisant des sudoku...
Une chose importante je crois sur un long terme...avoir un objectif, ne pas le perdre de vue et l'entretenir. ca peut etre comme moi, une rencontre avec un metier, une passion, ca peut etre l'apprentissage d'une langue, un projet photo (mais avec un sujet, une trame..), du travail... car rapidement si vous n'etes pas attise par un point precis, si vous oubliez ce pourquoi vous etes la et bien justement c'est le pourquoi qui se pose...Pourquoi etes vous la ? Pour depensez votre temps ou votre argent (si vous en avez)? Les paysages sont a couper le souffle certe, le depaysement est garanti mais je pense qu'apres un certain temps on se sent tout petit et perdu dans un monde qui n'est pas le votre, qui peut paraitre hostile si justement vous n'avez pas d'objectifs, le fil conducteur qui vous emmenera ailleurs...
Tout ceci n'est qu'un point de vue strictement personnel, ne m'haranguez pas de "je ne suis pas d'accord", "c'est totalement faux.." Chacun sa vision, chacun sa route... heureusement toutes differentes les unes des autres.

Je suis stupefaite quant a la beaute de
ce peuple, simple, sans artifice, toujours souriant. C’est etrange je remarque des similitudes, des trait de visages avec des femmes africaines pourtant tres differentes. San, une potiere n’est
pas tres ravie quand je lui dis ça car la beaute se definit par la blancheur de leur peau… Elle me fait pourtant penser a Animata que j’ai rencontre à Sindou dans le sud du Burkina Ils
n’apprecient guere la beaute africaine a la vue de mes photos ! (je n’ai d’ailleur pas parle de cette region d’Afrique dans le blog, il y a beaucoup trop de pages a publier, ça fera l’objet d’un
article a mon retour en France…) Ils sont tres intrigues par mes piercings, souvent un peu choques, grimacant a l’idee que quelque chose me traverse la peau…”Ca ne fait pas mal” mais ils ne
me croient pas.
vos blablablablablas....