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Cambodia

Publié le par clineb

Mon depart de Sapa au nord du Vietnam fut assez difficile, difficile de dire "kouniouman" (bye bye) a ce merveilleux peuple Hmong. Je repassais par Hanoi 3 jours avant de m'envoler pour le Cambodge, Hanoi ne me manquera pas c'est certain. Arrivee a Phnom Penh le 29/04/11 je rencontrais dans l'avion 2 architectes tres sympathiques dont Hà Nguyen, une vietnamienne qui connait des potiers dans son pays...C'est evidemment lorsque je pars que je trouve des plans et des contacts interessants...bref je pris ses coordonnees et peut-etre reviendrais-je dans ce pays qui me paru hostile.

Arrivee à Phnom Penh, je trouve une guest house assez sympa pres d'un lac a moustiques: 93 street, Gran view guest house...Un quartier hallucinant ou transitent des etrangers, francais, finlandais, allemands, indiens et evidemment cambodgiens. On y boit, on y fume de tout et n'importe quoi et on est constamment harceles par les "tuk tuk madam ?", "motobike", "where are you going?". Meme lorsque je loue un velo on me propose de m'emmener en tuk tuk...je reste 4 jours a phnom Penh, histoire de me faire a cette nouvelle monnaie et au fait que je sois millionnaire...et oui 1 dollars=4000 riels, autant vous dire que je n'ai jamais eu autant de billets sur moi !

Je rencontre un Cambodgien tres sympathique qui me propose avant de partir de visiter les alentours de Phnom Penh, l'ile de la soie qui n'a rien a voir avec la capitale...a peine a 3 km et arrivee en pleine jungle pour trouver au bout de l'ile un bras du Mekong super clean ou les cambodgiens viennent s'y baigner le dimanche. c'est dimanche justement, nous prenons un bungalow, genre de cabane sur pilotis les pieds dans l'eau pour nous abriter du soleil et nous nous baignons. Les Cambodgiens se baignent tout habilles, les femmes sont pudiques. Moi la seule blanche je me fais remarquer et attire les convoitises de certains hommes ivres de bieres sous le soleil...Je ne peux me faire que des amis ici, c'est assez drole !

 

Je pars le lendemain direction Kampong Chnang, je me rappelle le receptionniste de l'hotel tout etonne de ma destination, "Why do you want to go in this place ??!", il n'y a rien a faire la-bas me dit-il, personne ne s'arrete. Justement !!!!! La region de Kampong Chnang est reputee dans le Cambodge pour ses poteries, je ne connais rien de cet endroit mais quelque chose m'attire et je me dit que je ne serai pas decue. J'embarque dans un bus qui fait quotidiennement la route de Phnom Penh a Poipet, la nationale 5, un des 3 axes principaux du Cambodge. Apres 5 heures de trajet en bus, assise pres d'un moine cambodgien a regarder des sketchs humoristiques en langue khmer et a eclater de rire rien qu'en voyant ce moine se plier en deux, le bus s'arrete et me fait signe de descendre....je suis a Kampong Chnang, personne d'autre ne descend et des lors je vois 3 hommes courir vers moi en me criant "motobike, motobike !!!" Je pose mon sac et m'assied dans un boui boui sur le bord de la route ou je me desaltere en buvant a pleine gorgee dans une noix de coco. Les motobike driver s'en vont un par un sauf un, Nam. Il ne parle pas anglais. Personne ne parle anglais a part quelques jeunes que je rencontre sur le chemin qui me crient des "hello !!!! how are you ?" Les gens ici ont quelque chose qui petille dans le regard, une flamme de bienvenue qui vous dit "viens chez moi", une petite flamme qui rechauffe le dedans, qui fait du bien a mon petit coeur. Je vois un stand de poteries pres des noix de coco, je demande a une vieille femme ou plutot je mime ou je peux trouver l'endroit ou l'on fabrique ces merveilles...Nam comprend ce que je veut dire et avec son grand sourire il me fait comprendre qu'il faut que je depose mon sac dans une guest house et qu'il m'emmenera non loin de là chez une famille qu'il connait. Je grimpe sur sa mobylette chargee de mon poids et de mes 2 sacs, les gens sourient de nous voir. Il m'emmene dans une guest house, la sok san guest house, il n'y en a que 3 dans cette petite ville. C'est la 1ere fois qu'un "balang" s'arrete ici, je dis a la maitresse de maison que je resterai ici au moins 3 nuits, voir plus et je negocie ma chambre pour un bon prix, 2,5 dollars pour une chambre tres modeste avec une salle de bain que je partage avec les cafards...

 

Mon chauffeur reste avec moi, pour 5 dollars il passera la journee avec moi et m'emmenera dans un petit village a 4 kP1040272m de kampong Chnang. Nous traversons les cultures sur les pistes rouge qui me colore le visage. j'entends des "hello" par ci et par la sans meme savoir d'ou ca vient, les personnes que je croise me font un large sourire que je leur rend. Les paysages sont verdoyant et l'horizon est marqué par des rangees de palmiers, un arbre magnifique et essentiel a l'economie et a la survie de la population locale...j'en parlerai plus tard. Nous arrivons dans une famille, Nam leur parle en khmer et leur explique, enfin je crois, mon projet, du moins ce qu'il a pu en comprendre d'apres mes photos et dessins... je restais la journee a regarder ces femmes “tourner autour du pot”. Elles frappent avec un battoir en bamboo sur l’exterieur du pot et tiennent dans leur main une pierre ronde a l’interieur de ce meme pot. Cette technique est similaire en Inde, c’est marrant. Je leur montre des photos et videos de l’Inde et du Nepal, ils sont tres curieux et interesses de ces techniques, surpris de la similitude indienne. C’est etrange comment un peuple si different et si eloigne peuvent adopter les memes techniques sans meme avoir connaissance de leurs existences !!! Tous me sourient, je prends des photos et echange des regards fautes de me faire comprendre dans ma langue de Barrang. Le repas que je partage avec eux est riche d’emotion et intense de sourires et de regards… Des choses que je ne puis exprimer avec ma langue et mon ecriture, ca ne se raconte pas, ca se vit et c’est tout ! P1040300

 

De retour a ma guest house, je suis invitee a partager le repas avec la famille qui tient l’hotel, une jeune fille est etudiante et parle un peu l’anglais. Elle m’apprend a compter et user de quelques mots qui me seront tres utiles ! je m’apercois tres vite que cette guest house est en fait un lieu de passage pour les amours d’un soirs, les adulteres ou les passes a bon marches…c’est une ambiance assez estrange j’avoue mais j’aime cet endroit atypique. Si vous etes a kampong Chnang, ne cherchez pas quelqu’un qui parle anglais, c’est lui qui vous trouvera !!! C’est comme cela que j’ai rencontre Kim Rath. Apres 3 jours passes a Kampong Chnang la nouvelle s’est vite repandue qu’une Barrang etait parmis eux. Quand je leur dit que je compte rester 10 jours au moins dans cette ville, les yeux s’ecarquillent en se demandant pourquoi…

 

Kim Rat hest mon nouveau chauffeur, il m’emmene visiter un nouveau village a 15 km ou il n’y a QUE des potiers, peut-etre une cinquantaine de maisons ou vivent quelques familles differentes. On y fabrique des foyers de cuissons pour different usages, pour soutenir des wok plus ou moins grands. On y fabrique aussi des pots de fleurs, des vases decoratifs, des tirelires. Je craque pour les tirelires, vraiment, l’idee d’une urne a entrée unique me plait… casser le pot pour en extraire le contenu, genial, non ? Je reste la journee dans ce village, regardant les hommes et femmes travailler. Je leur montre mes photos, j’aime leurs regards intrigues… Mon projet consistait a fabriquer un objet en P1040427argile partout ou je devais passer, la realite, le contexte modifie un peu mes plans mais je n’en sors pas moins decue…Il est parfois complique de s’imposer dans le quotidien, le travail de ces artisans qui ne creent generalement pas pour le plaisir mais par survie de leur famille. Leur demander de me consacrer du temps me parait souvent abuse quand je sais  qu’une tirelire de la taille d’un ballon de hand ball mettra 30 min a sa construction et sera vendue 3000 riels (env 0,5 €). Tout en travaillant, ils respondent tout de meme a mes questions que mon cher ami Kim traduit. Je suis parfois une pause, un bol d’air dans leur journee. Kim me dit qu’ils sont heureux que je sois la parmis eux, partout on veut que je m’arrete pour boire un thé ou une biere de palme. On me propose a manger, on m’offre de la biere, je goute au sucre de palme egalement. Avec le palmier on fabrique des outils, les feuilles servent au tissage des murs des maisons, des panniers, des “outils de cuissons a vapeur”. Des hommes tout gringalets grimpent jusqu’en haut de ces grands arbres pour y inciser la base des branches et en extraire le jus qui servira a faire la biere. Avec ce meme jus on peut en faire du sucre brun (la texture est similaire a du miel et c’est delicieux !!!) en le faisant bouillir jusqu’a reduction dans des grosses marmites en fonte sur des four en argile. On decline le fruit, la noix de coco sous differentes formes, en jus, en lait, froid, chaud, cuit, sucre, salé….. je crois que je n’ai pas tout teste ! P1040439

elle tient a l'interieur du pot une pierre ronde et a l'exterieur, elle bat la poterie avec un battoir en bambou pour l'agrandir progressivement.

P1040363 P1040381

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Le transport des poteries...perilleux !!

 

 

P1040412 copyJe suis stupefaite quant a la beaute de ce peuple, simple, sans artifice, toujours souriant. C’est etrange je remarque des similitudes, des trait de visages avec des femmes africaines pourtant tres differentes. San, une potiere n’est pas tres ravie quand je lui dis ça car la beaute se definit par la blancheur de leur peau… Elle me fait pourtant penser a Animata que j’ai rencontre à Sindou dans le sud du Burkina Ils n’apprecient guere la beaute africaine a la vue de mes photos ! (je n’ai d’ailleur pas parle de cette region d’Afrique dans le blog, il y a beaucoup trop de pages a publier, ça fera l’objet d’un article a mon retour en France…) Ils sont tres intrigues par mes piercings, souvent un peu choques, grimacant a l’idee que quelque chose me traverse la peau…”Ca ne fait pas mal”  mais ils ne me croient pas.

 

 

 

 

Kim a bien cerné mon projet et mes attentes, il m’emmene voir l’endroit où ils extraient l’argile, dans les plaines. Ici on s’empresse de recolter le plus d’argile avant la saison des pluies qui ne devrait pas tarder. La region autour du lac de Kampong Chhnang est zone inondable, le fleuve triple de volume en l’espace de 3 mois, de juin a septembre. A cet endroit dans un mois, ce sera une grande etendue d’eau. Tout le monde travaille, les femmes, enfants, hommes mutilés par les mines et ce sous une chaleur etouffante. C’est un travail penible et la vue de ces enfants en sueur me fait peine. Un filet de peche installé au dessus du trou leur apporte un minimum d’ombre… P1040481

 

La saison des pluies commence et l'activite des potiers diminuent, se concentre sur la vente et sur la production d'autres produits comme la fabrication de sucre, de biere, et d'autres produits alimentaires.

 

Voila donc apres ces semaines au Cambodge, dans un pays que j'ai trouve tres accueillant en dehors des grands axes, je m'octroye quelques semaines de "vacances" en Thailande et au Laos pour aller rejoindre des amis francais. Il n'est pas toujours facile d'etre seule en voyage, certains etres vous manquent, et il ya une tres grande frustration a rencontrer les gens tres vite et a les quitter aussi rapidement...Je vais donc voir des tetes connues et me reposer un peu car ces dernieres semaines m'ont demande beaucoup d'energie.

Juillet : Thailande et Laos...

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alain 29/06/2011 16:06


Un p'titcoucou
Alain (mpt)


codjo 05/06/2011 20:28


encore de merveilleuses rencontres faites au cambodge...full of humanity and love.big hug and all the best to u my friend!!! to be continued...luv:-)